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mardi 15 avril 2014
mercredi 19 mars 2014
des façons de "voir le monde" : Spinoza par raphael Enthoven
Raphael a l'air d'un ange et ses paroles sont de velours.
N'est-il pas étonnant (et je soustrais Raphael Enthoven de ce soupçon puisque je ne l'ai jamais entendu énoncer ce type de fantasme) que les philosophes entendent soumettre les autres domaines (les sciences sociales, humaines, les sciences tout court) à leur diagnostic ?
Et si les mathématiques se mettaient à décortiquer la philo comme un simple agrégat confus de postulats non démontrés (ou plus ou moins mal démontrés) ? et si la sociologie s'autorisait à s'émanciper du carcan rigide de la philo ? et si la réalité était plus diffuse, plus ontologique, plus glissante telle un savon humide au bord d'une piscine ? et si la théorie était plus construite, plus aboutie, plus élaborée, plus rigoureuse, plus incontestable que les considérations stériles de la philo ?
Considérant que la technologie s'affranchit des frontières et des frontières de la pensée, considérant que la science ne "pense pas" ("science sans conscience n'est que ruine de l'âme") car ce n'est pas son propos (la science dans une posture plus humble ne se soustrait ni à la conscience, ni à la morale, ni au droit), et interrogeant les philosophes sur leurs aptitudes à appréhender (en "temps réel") le monde innervé de technologie dans lequel ils vivent, n'est-il pas agaçant de constater que nombre de philosophes ne comprennent pas qu'il doivent simplement "participer" ou "collaborer" au (=apporter leur pierre à l'édifice du) monde dans lequel ils vivent sans prétendre à en avoir une vision panoptique ?
Interrogeant des philosophes sur la mondialisation des technologies qui inondent notre monde (notre univers est rempli -et sera encore plus rempli- d'objets technologiques non assujettis à des réglementations françaises ou européennes, issues de législation régionale), comment peuvent-ils encore penser "séparément" de cette réalité, en se positionnant au-dessus, ou à l'extérieur pour exercer une sorte de souveraineté philosophique ?
Si l'on m'enlève le coeur pour le remplacer par un coeur électronique, ou par un coeur technologique, suis-je encore moi ? si je rencontre mon clone au coin de la rue, qui suis-je et qu'est-ce qui me caractérise ? si je remplis mon corps de prothèses et d'agrégats technologiques (puces et capteurs) où se trouve mon moi profond : dans ma tête seulement ? est-ce que mon âme serait réduite à ma tête ? dois-je modifier le contenu de ma tête ? dois-je assujettir ma tête à un corpus de savoir "acceptés" et normatés (y aura-t-il une norme garantissant le contenu de ma tête)? dois-je adhérer à une pensée "normale" relativement à la majorité issue d'indicateurs statistiques (à la "majorité" d'individus de la catégorie sociale à laquelle j'appartiens) ? dois-je remplir ma tête d'un ensemble de données "certifiées et contrôlées" ?
la philosophie peut-elle s'affranchir de ses limites pour se positionner au-dessus ? pour offrir un regard pensant "le tout" quand elle n'est que "une partie" ?
Peut-on raisonnablement ramener le monde à soi sans risquer de le réduire inexorablement en deça de son étalement plus large ? et si le monde était plus "infini" de sorte que l'entendement humain ne pouvait réellement le saisir ? (#poetryisnotdead)
vendredi 14 mars 2014
le terriblement émouvant Jean-René Huguenin
Jean-René Huguenin est un écrivain français du XXe siècle né le 1er mars 1936 à Paris et décédé accidentellement le 22 septembre 1962.
Arrivé en littérature à vingt ans, il prépare en fait une licence de philosophie et le diplôme de Sciences Po Paris, qu’il obtint en 1957 en vue de préparer l’ENA, mais il se consacre essentiellement à son œuvre littéraire dès 1958. Il fonda une revue (Tel Quel) avec des amis dont Philippe Sollers et Jean-Edern Hallier, mais la quitta très rapidement.
Exalté et refusant les compromissions, il multiplie les collaborations avec divers organes de presses après le succès critique exceptionnel de son premier et unique roman, la Côte sauvage, paru en 1960, salué notamment par François Mauriac et Louis Aragon.
Telle une comète, fulgurante et étrange, dans le paysage littéraire de l’époque, il refuse d'appartenir à un clan ou une chapelle et s’élève contre la médiocrité de son époque. Il se voulait généreux, se défendait de craindre la mort tout en entretenant avec elle et la souffrance des rapports complaisants. Il disait sa foi en la jeunesse et apparaissait alors comme le chantre d’un nouveau romantisme.
"Il mesurait chaque chose à l’aune de ses ordres et désordres intimes. Ses grands contemporains en littérature, Sartre, Robbe-Grillet, Bataille, Mauriac, et même Roger Nimier avec qui il partageait sans doute beaucoup, jusqu’à une mort semblable à quelques jours d'intervalle, n’avaient d’autre importance pour lui que celle qu’il voulait bien leur accorder. Il prit néanmoins sa part dans la vie sociale de son temps à travers ses collaborations à des revues, et des sympathies gaulliennes en lesquelles peut-être son double tempérament chrétien et nietzschéen se retrouvait." (wikipedia)
Ils ont vingt ans ou un peu plus, abordent l'âge adulte. On parle déjà mariage et carrière. L'adolescence glisse dans le passé.
Ce contexte bourgeois et balnéaire aurait pu être le cadre de menus drames, Jean-René Huguenin en a fait le théâtre d'une sombre tragédie où se déchaînent les sentiments excessifs du héros, Olivier.... A lire d'urgence.
mardi 4 mars 2014
Guillaume le conquérant (Bill)
William I (Old Norman: Williame I; c. 1028[1] – 9 September 1087), usually known as William the Conqueror and sometimes William the Bastard,[2][a] was the first Norman King of England, reigning from 1066 until his death in 1087. The descendant of Vikingraiders, he had been Duke of Normandy since 1035 under the style William II. After a long struggle to establish his power, by 1060 his hold on Normandy was secure, and he launched the Norman conquest of England in 1066. The rest of his life was marked by struggles to consolidate his hold over England and his continental lands and by difficulties with his eldest son.
William was the son of the unmarried Robert I, Duke of Normandy, by Robert's mistress Herleva. His illegitimate status and his youth caused some difficulties for him after he succeeded his father, as did the anarchy that plagued the first years of his rule. During his childhood and adolescence, members of the Norman aristocracy battled each other, both for control of the child duke and for their own ends. In 1047 William was able to quash a rebellion and begin to establish his authority over the duchy, a process that was not complete until about 1060. His marriage in the 1050s to Matilda of Flanders provided him with a powerful ally in the neighbouring county of Flanders. By the time of his marriage, William was able to arrange the appointments of his supporters as bishops and abbots in the Norman church. His consolidation of power allowed him to expand his horizons, and by 1062 William was able to secure control of the neighbouring county of Maine.
На сопках Манчжурии
c'est grave Docteur ? ... non, c'est le Journal d'un fou, comme seule la Russie des Tsars savait en concevoir : un nez, des oreilles, une voix, une oeuvre, un jeu, un exil, ... et le .français appris de ses gouvernantes
lundi 14 octobre 2013
les meilleurs ciseaux du monde
Le cancre
Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur
jacuqes Prévert
jeudi 26 septembre 2013
Fred Vargas : esueiruf eémral
Dans l'Armée Furieuse, Fred Vargas imagine de faire parler un de ses personnages à srevnel.Ce qui est difficile d'un point de vue de la logique (le menteur qui dit "je mens" est un paradoxe pour bon nombre de non logiciens, de même que la personne qui dit "je dis l'inverse"), est plus aisé et plus drôle à l'écrit, et de toute évidence Fred Vargas aime les excentriques, les originaux, les atypiques. Même si ses personnages sont parfois un peu loufoques, ils en sont d'autant plus attachants.
Et ses intrigues, surgies d'univers mythologiques déroutants, nous font voyager le temps d'un récit dans des brèches inconnues de l'espace-temps.
mercredi 25 septembre 2013
Le génie d'Eugène
Tu Pedro aqui, es possible ?
C'est grâce à un essai aussi désespéré qu'infructueux d'apprendre l'anglais par le biais de la méthode Assimil qu'Eugène Ionesco a eu l'idée de sa pièce "La cantatrice chauve". "Frappé par la teneur des dialogues, à la fois très sobres et étranges mais aussi par l'enchaînement de phrases sans rapport, il décide d'écrire une pièce absurde intitulée l'anglais sans peine. Ce n'est qu'après un lapsus, lors d'une répétition, que le titre de la pièce est fixé : l'acteur qui jouait le pompier devait parler, dans une très longue tirade, d'une institutrice blonde… et au lieu de dire « une institutrice blonde » a dit « une cantatrice chauve » qui devint le titre de la pièce." (Wikipedia)
C'est grâce à un essai aussi désespéré qu'infructueux d'apprendre l'anglais par le biais de la méthode Assimil qu'Eugène Ionesco a eu l'idée de sa pièce "La cantatrice chauve". "Frappé par la teneur des dialogues, à la fois très sobres et étranges mais aussi par l'enchaînement de phrases sans rapport, il décide d'écrire une pièce absurde intitulée l'anglais sans peine. Ce n'est qu'après un lapsus, lors d'une répétition, que le titre de la pièce est fixé : l'acteur qui jouait le pompier devait parler, dans une très longue tirade, d'une institutrice blonde… et au lieu de dire « une institutrice blonde » a dit « une cantatrice chauve » qui devint le titre de la pièce." (Wikipedia)
mardi 24 septembre 2013
lundi 23 septembre 2013
Autodafé : sujet désuet ou d'actualité ... ?
Elias Canetti est un écrivain d'origine bulgare naturalisé Britannique. En 1981, il reçoit le prix Nobel de littérature pour son oeuvre (page Nobel ici) dans laquelle il défend une culture européenne ouverte et pluraliste, similaire à son parcours singulier personnel d'Européen du XXe siècle.
Les autodafés ont-ils disparu de nos jours ?
Pour découvrir d'autres Prix Nobel en littérature,
le site des Nobel propose un petit jeu :
On réveille ses méninges et on plonge dans nos souvenirs de lecture pour retrouver ces noms prestigieux !
samedi 21 septembre 2013
Six degrés de liberté
Il faut un brin de déraison pour lire Ada ou l'ardeur ... sans doute parce qu'il a fallu un brin de déraison à Nabokov pour l'écrire.

On se perd dans son roman sans comprendre pourquoi, mais c'était sans doute la volonté de l'auteur de ne pas donner les clés pour décrypter ses personnages. Comme dans ses autres romans, les personnages ont tant de complexité qu'ils en sont véritablement... humains ! (qualité rare en comparaison des nombreux auteurs créant des héros à la psychologie si simple qu'ils sont désincarnés d'emblée).
Il est difficile de cataloguer Nabokov dans une catégorie comme "auteur russe" ou "américain" : son écriture est si singulière et les tourments qui le motivent sont si terribles qu'on ne saurait le ranger dans une vieille malle au fond d'un grenier. On est indubitablement différent après avoir lu Nabokov.
Résumé de Wikipédia :
"Van Veen a 14 ans quand il vient pour la première fois à Ardis, le manoir où vivent sa tante et ses cousines Ada et Lucette. Ada et Van se trouveront une sensibilité commune et vivront fort jeunes une relation amoureuse et charnelle qui les liera à vie.
Le destin éloignera Ada et Van, et manquera les séparer. Quand leur père, Demon Veen apprendra leur relation il dictera la séparation de ses enfants (Ada et Van sont en fait sœur et frère). Ada se mariera au falot Vinelander, et ce cher Van passera de bras en bras, tailladé par les réminiscences de son Ada. Indirectement, Lucette la sœur d'Ada, folle amoureuse de Van, se suicidera lors d'une croisière sur un navire que prenait également Van.
Il faudra attendre leur vieillesse pour que Van et Ada se retrouvent et à l'heure où Van écrit le roman, ils goûtent ensemble une vieillesse à la hauteur de leur destin."
Le coeur fou robinsonne
ROMAN
I
On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...
II
- Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche...
Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête...
III
Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
- Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux col effrayant de son père...
Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif...
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...
IV
Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !...
- Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
- On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.
I
On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin -
A des parfums de vigne et des parfums de bière...
II
- Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche...
Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête...
III
Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
- Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux col effrayant de son père...
Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif...
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...
IV
Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !...
- Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade...
- On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.
Arthur Rimbaud
mercredi 18 septembre 2013
mardi 17 septembre 2013
Le vol bien calibré des cigognes
Le vol des cigognes est un thriller haletant... dans l'univers discret des ornithologues. Car il s'en passe des choses quand on suit le parcours sans frontière des cigognes.
Depuis ce roman, Jean-Christophe Grangé est passé maître dans l'art du suspense. A lire donc.
Depuis ce roman, Jean-Christophe Grangé est passé maître dans l'art du suspense. A lire donc.
lundi 16 septembre 2013
dimanche 15 septembre 2013
ASE : un pygmalion en Argentine
Le site http://www.antoinedesaintexupery.com/ est consacré à la vie et à l'oeuvre d'Antoine de Saint-Exupéry. Son roman argentin Vol de nuit plus méconnu que Le Petit Prince est pourtant l'incroyable récit d'une épique époque extraordinaire.
samedi 14 septembre 2013
L'enfance de l'art ou comment posséder toutes les richesses
Liberté
Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J’écris ton nom
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J’écris ton nom
Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom
Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom
Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom
Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom
Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom
Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom
Sur chaque bouffées d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom
Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom
Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom
Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom
Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes raisons réunies
J’écris ton nom
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes raisons réunies
J’écris ton nom
Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom
Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom
Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom
Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom
Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom
Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom
Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom
Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté
Paul Eluard, Poésies et vérités, 1942
lundi 9 septembre 2013
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